« Birama, le pêcheur »
Sa wadji demna, wadiou bakh demna !
Birama demna wadiuo bakh demna ! demna, demna, demna !
Dans un petit village situé au bord d’un fleuve, vivait un homme.
Il s’appelait Birama. Il travaillait comme pêcheur. C’était le chef des pêcheurs de ce village. Birama avait une femme, des enfants, une belle maison, des pirogues et différentes sortes de filets. Les gens disaient que c’était l’homme le plus heureux au monde.
Biram demna, wadiuo bakh demna !
Un matin pourtant Birama se lève très tôt, il sort discrètement de la chambre où il a dormi avec sa femme. Il monte dans le grenier, prend un filet de pêche et une petite marmite…. Puis, il va la cour de la maison, il ramasse une natte, ouvre doucement la porte de la maison et court en direction du fleuve. Il jette tout son matériel dans une pirogue en bois, pousse la pirogue, saute dedans et se met à pagayer.
Birama demna ;wadiuo bakh demna !
Après avoir navigué plusieurs jours sur le fleuve, il arrive sur une île où il n’y’a personne. Sur les hauteurs de l’île, il trouve une vieille cabane en bois complétement délabrée. Il casse sa pirogue, utilise son bois pour réparer cette cabane. Puis, il s’installe-là.
Chaque jour, il descend au bord de l’eau pour pêcher des poissons. Il reste-là toute la journée sous les arbres au bord de l’eau. Il mange là, quelques poissons qu’il fait griller et le reste de ses poissons, il attend le soir pour les faire cuire dans sa marmite.
Birama est content de sa nouvelle vie. La journée, les pieds dans l’eau et le soir avant de s’endormir dans sa cabane, il va se promener sur l’île. Il lui arrive souvent de contempler les étoiles en chantant : « Manguy souma diama, manguy souma diama, manguy souma diama, je suis enfin en paix avec moi-même. Manguy souma diama, liberté. »
Un matin, il descend au bord du fleuve, jette son filet de pêche dans l’eau ! Quand il le retire, il voit au fond du filet un très beau poisson, un poisson de couleur arc-en-ciel. Il se saisit du poisson, le tourne et le retourne dans ses mains et s’exclame : « Ah, ce poisson est très beau pour être manger. » Délicatement, il le remet dans l’eau : « demal sa yon ! Vas, reprends ta liberté »
Le soir, il retourne dans sa cabane et à l’intérieur, il trouve une ravissante jeune femme assise sur sa natte ! Elle porte une belle robe blanche avec des rayures noires. Ses longs cheveux noirs tombent sur ses épaules. A côté d’elle, dans la marmite, une soupe odorante ! Birama lui dit :« Mais femme qui es-tu ? D’où vient ? Et avec quoi as-tu préparé cette soupe, je n’avais rien laissé ici. »
– « Calme-toi, homme entre, je pense que je suis chez-là ! N’aie pas peur ! Regarde dans ta marmite il y’a une délicieuse chaude qui t’attend ! Mais je te préviens tout de suite, je déteste qu’on me pose des questions.»
Birama, s’assoit, mange sa soupe, il reste longtemps assis sur la natte à côté de la famille sans savoir quoi lui dire ! La femme, elle se couche, lui souhaite une bonne nuit et s’endort aussitôt. Cette nuit-là, Birama n’a pas dormi.
Le lendemain matin, il retourne pécher au bord du fleuve en la laissant endormie sur la natte. Le soir, il revient chez lui et retrouve la femme, toujours aussi belle, à ses côtés la soupe odorante. « Ta soupe t’attend. » lui dit-elle.
Studio d’enregistrement : studio OHM